Famille

Écrire son histoire ou celle de ses parents : un acte qui soigne bien plus qu'on ne l'imagine

6 min de lecture
Un homme âgé écrivant dans un carnet, entouré d'une femme et d'un enfant dans une pièce lumineuse

Beaucoup de gens pensent qu'écrire son livre de vie, ou celui de ses parents, c'est surtout une question de mémoire. Un peu comme ranger de vieilles photos dans un album. En réalité, c'est souvent bien plus que ça.

Quand une personne se lance dans ce travail, ou quand elle aide ses parents à le faire, quelque chose se passe à l'intérieur. Pas seulement dans la tête. Dans le cœur aussi. Et ce « quelque chose » a des effets qui vont bien au-delà de ce qu'on imagine au départ.

Ce que ça change pour la personne qui raconte son histoire

Quand on commence à mettre des mots sur sa vie, on ne fait pas que se souvenir. On revisite. On regarde certaines périodes avec un autre regard. On comprend parfois mieux pourquoi on a fait certains choix, pourquoi on a réagi de telle ou telle façon, ce qu'on a traversé sans vraiment en parler à l'époque.

Ce travail de mise en mots a quelque chose de libérateur. Beaucoup de personnes disent ressentir un soulagement, comme si elles avaient enfin pu déposer quelque chose qu'elles portaient depuis longtemps. Pas forcément des traumatismes très lourds. Parfois juste des silences, des non-dits, des regrets discrets, ou au contraire des fiertés qu'on n'a jamais vraiment osé formuler.

Des recherches sur ce qu'on appelle la life review (la revue de vie) suggèrent que ce processus aiderait souvent à apaiser certaines personnes âgées et à retrouver un sentiment de sérénité. Ce n'est pas une formule magique, mais le constat revient régulièrement : le fait de pouvoir regarder sa vie dans son ensemble, plutôt que par petits morceaux, aide souvent à mieux l'accepter.

Et puis il y a ce sentiment, assez puissant, de reprendre un peu la main sur son histoire. Au lieu de la subir ou de la laisser s'effacer avec le temps, on choisit de la mettre en forme. Ça redonne une forme de dignité, surtout quand on avance en âge et qu'on a parfois l'impression que plus grand-chose ne dépend de nous.

Ce que ça change pour le conjoint

Quand c'est un des deux membres du couple qui se lance dans l'écriture de son histoire, l'autre est rarement indifférent. Même s'il ne participe pas directement.

Parfois, c'est l'occasion de découvrir des choses qu'on ne savait pas. Des épisodes de vie qu'on n'avait jamais entendus, des émotions qu'on n'avait jamais vues exprimées. Ça peut créer une forme de proximité nouvelle, même après des dizaines d'années de vie commune.

Il arrive aussi que ce soit l'occasion de reparler de choses difficiles qui n'avaient jamais vraiment été dites. Pas forcément dans le but de tout régler, mais simplement pour que ce soit posé quelque part. Le fait d'écrire donne parfois une distance qui permet d'aborder certains sujets avec moins de tension.

Et puis, pour le conjoint, voir l'autre s'investir dans ce travail peut être touchant. Ça montre une volonté de transmettre, de laisser quelque chose derrière soi. Et ça touche souvent plus qu'on ne le pense.

Ce que ça change pour les enfants et les petits-enfants

C'est probablement là que les effets sont les plus profonds, même s'ils ne se voient pas toujours tout de suite.

Quand on transmet son histoire à ses enfants, on ne leur donne pas seulement des anecdotes. On leur donne un cadre. Un sentiment d'appartenance. Une idée d'où ils viennent, de ce qui les a précédés, des valeurs qui ont compté dans la famille.

Beaucoup d'adultes disent qu'ils auraient aimé en savoir plus sur leurs parents ou grands-parents quand ils étaient plus jeunes. Pas forcément les grandes dates, mais les petites choses. Ce qu'ils ressentaient, ce qui les faisait rire ou les rendait tristes, ce qu'ils avaient traversé sans en parler. Si vous reconnaissez ce désir, notre article 60 questions à poser à ses parents et grands-parents est un bon point de départ pour ouvrir la conversation.

Recevoir ce récit, même partiel, peut aider un enfant (même adulte) à mieux se comprendre lui-même. À se sentir un peu moins seul dans certaines difficultés. À réaliser qu'il n'est pas le premier à douter, à avoir peur, ou à se tromper.

Et pour les petits-enfants, c'est encore plus fort. Ils reçoivent quelque chose qui vient d'avant leurs parents. Quelque chose qui les relie à une histoire plus grande qu'eux. Ça leur donne souvent un sentiment de racines, qui fait du bien dans un monde où tout semble parfois très éphémère.

Ce que disent les études (sans trop alourdir)

On pourrait citer beaucoup de recherches. Mais ce qui revient le plus souvent, c'est que le fait de raconter sa vie, de manière structurée ou plus libre, semble aider à :

  • apaiser le stress et adoucir les passages à vide ;
  • renforcer le sentiment de sens et de cohérence de sa vie ;
  • resserrer les liens familiaux ;
  • laisser une trace qui a de la valeur pour les générations suivantes.

Des travaux sur l'écriture expressive ont même suggéré que le simple fait de mettre des mots sur des expériences difficiles pouvait avoir des effets positifs sur le bien-être, et pas seulement sur le moral. Le corps et l'esprit sont plus liés qu'on ne le pense.

Mais au-delà des chiffres et des études, ce qui frappe le plus quand on accompagne des personnes dans ce travail, c'est à quel point le processus lui-même fait du bien. Pas seulement le résultat final. Le fait de prendre le temps, de se poser, de se dire : « Ma vie, ou celle de mes parents, mérite qu'on s'y attarde un peu. » C'est d'ailleurs pour cette raison que j'aime tant écrire des biographies.

Et quand un parent ne se confie pas facilement ?

C'est l'un des freins les plus courants. On aimerait recueillir l'histoire d'un père, d'une mère, mais le dialogue ne vient pas, ou les souvenirs restent enfouis. Il existe des manières douces de dénouer cela — j'en parle dans comment écrire la biographie de ses parents sans les fatiguer, et notre liste de 60 questions pour ouvrir la conversation peut aussi beaucoup aider.

Et si c'était le bon moment ?

On repousse souvent ce genre de projet. On se dit qu'on n'a pas le temps, que ce n'est pas le moment, que les souvenirs ne sont pas assez clairs, ou que les enfants ne sont pas prêts à entendre.

Et puis un jour, on réalise que le temps a passé. Que certaines personnes ne sont plus là pour raconter. Que certains silences sont devenus définitifs.

Écrire son histoire, ou aider ses parents à écrire la leur, n'est pas une obligation. Mais c'est souvent un cadeau. Pour soi, pour son couple, et pour ceux qui viendront après.

Si cette idée vous touche, même un peu, et que vous ne savez pas trop comment vous y prendre, sachez qu'il existe des accompagnements qui respectent le rythme de chacun. Sans forcer. Sans dramatiser. Juste pour que quelque chose de vrai puisse être transmis.

Pour commencer en douceur, recevez gratuitement notre guide des 60 questions à poser à vos proches. C'est sans engagement, et c'est souvent le premier pas vers un beau projet.

David Avramovitz

David Avramovitz

Fondateur de livrebiographie — biographe pour dirigeants & familles

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